Résumé de l'½uvre
Marcel Pagnol raconte, en qualité de témoin, les personnages de son enfance et la vie dans la famille d'un instituteur d'Aubagne, qui va s'animer avec la location d'une bastide dans la garrigue de l'arrière-pays marseillais où ils vont passer les grandes vacances. Cette villa dont rêve Marcel depuis toujours se nommera la Bastide neuve, il y passera les plus beaux jours de sa vie.
On y voit comment le petit Marcel parvient à épanouir peu à peu sa personnalité, celle d'un fils aîné de Provence, passionné par la lecture et les aventures dans les collines, partagé entre son amour exclusif pour la belle couturière, éternelle jeune fille incarnée par Augustine, qui sera une mère tendre et discrète, et l'admiration pour son père, Joseph le maître d'école, anticlérical et anti-alcoolique, mais profondément humain. Il ne deviendra complètement son héros qu'en lui prouvant qu'il aime autant que lui ses chères collines, glorifié par un exploit de chasse. L'enfant se débat entre ses rêves et les découvertes parfois angoissantes de la réalité du monde où il vit : Les adultes peuvent aussi mentir...
Sentir qu'il est aimé et entouré, parvenir à être fier de ses parents et de lui-même est le défi même de cette belle et poignante histoire.... à la fois unique et universelle.
La gloire des petits garçons
Entré à l'Académie française, Pagnol délaisse pour la première fois le théâtre et le cinéma pour écrire, en prose, sa propre histoire dédiée « À la mémoire des miens », et qu'il qualifiera modestement dans les dernières lignes de son avant-propos : [...] ce n'est qu'un témoignage sur une époque disparue, et une petite chanson de piété filiale, qui passera peut-être aujourd'hui pour une grande nouveauté.
Pourtant, au soir de sa vie, il insiste au contraire sur l'universalité de la psychologie enfantine, dans la postface de couverture, où il déclare : Pour moi, j'ai préféré vous raconter l'enfance d'un petit garçon [...] car les petits garçons de tous les pays du monde et de tous les temps ont toujours eu les mêmes problèmes, la même malice, les mêmes amours.
Authenticité
Il faut accepter cette dose d'imaginaire chez Pagnol, sans laquelle rien d'authentique n'aurait vu le jour. Aux Bellons, il lisait Fenimore Cooper, le dernier des Mohicans, etc. Avec le petit Paul, ils transformaient les cigales et les lézards en serpents boas, en tigres ou en éléphants. L'imaginaire est partout à cet âge. De plus, les adultes sont bien connus pour leur souvenirs-écran qui, derrière toutes les apparences de la réalité et de la bonne conscience, sont raccommodés et cousus de fil blanc, d'éléments déplacés, fusionnés et transformés, que ce soit par le désir ou, le plus souvent, par la censure et le besoin hygiènique de gommer ce qui gène. Pagnol est bien connu des éditeurs pour ses modifications incessantes au texte original...
La victoire au concours de boules, le coup du roi, le serpent de pétugues, etc. tout ce qui fait de son père un héros est probablement remanié plus ou moins consciemment par l'auteur, car, ce qui prime pour lui, c'est de leur rendre la tonalité qu'ils avaient pour l'enfant qu'il était.
Outre le fait qu'il raconte « une histoire à ses petits-enfants », comme il le confesse en préface, Marcel Pagnol rend ici un hommage tardif à son père en le réhabilitant. En effet, quatre ans après le décès de sa femme, Joseph Pagnol se remarie, ce que son fils n'acceptera jamais, lui qui pourtant se remariera plusieurs fois. Joseph meurt en 1951 brouillé avec son fils. La publication de la gloire de mon père en 1957 peut donc apparaître à la fois comme une réconciliation posthume et un acte de tolérance « après-coup » entre le père et le fils. C'est donc en quelque sorte une psychanalyse réussie, car accomplie avant l'aveuglement d'¼dipe
Synopsis du chateau de ma mère
Marcel Pagnol raconte dans ce tome ses aventures dans la garrigue accompagné de son fidèle ami Lili. Contrairement au premier tome, le deuxième est marqué par la mort de tous ses proches, essentiellement sa mère à qui il vouait le plus grand amour. Ce roman est aussi caractérisé par le passage de la famille Pagnol par les quatre châteaux, ces derniers vont être la propriété de l'auteur à la fin de sa vie. Après la mort de Marcel Pagnol, ces quatre châteaux appartiendront à Marseille.
Authenticité
L'exactitude des faits et aventures révélés par Pagnol dans ce livre tout comme le précédent volet a été discutée, nourrissant la légende du fameux mensonge de Marseille, de cette galéjade dont Pagnol portera la discussion au c½ur même de sa trilogie marseillaise. À la publication du livre, Fernandel qui était un de ses amis, avait qualifié son auteur de "menteur", ce qui peut être considéré comme un compliment.